Sur la route du progrès

Les tout débuts....

À une certaine époque, on attribuait tous les maux et toutes les douleurs aux dieux. Si les récoltes n’étaient pas bonnes, si un volcan entrait en éruption, si des inondations ou des sécheresses survenaient, ou si les sauterelles envahissaient les terres, c’était toujours la faute des dieux. Ils étaient en colère pour une raison quelconque. Certaines personnes pensaient qu’elles ne pouvaient rien faire pour arranger les choses, tandis que d’autres, l’histoire le prouve, étaient prêtes à remuer ciel et terre – ne reculant même pas devant les sacrifices humains – pour calmer les dieux.

Heureusement pour nous, cette époque est depuis longtemps révolue. Aujourd’hui, les jeunes qui grandissent au Canada contrairement à ceux de nombre de régions défavorisées du Tiers-Monde sont pour la plupart en santé, ont un bon lit chaud, et ne risquent pas de recevoir de bombes sur la tête. La majorité d’entre eux, mais pas tous malheureusement, profite pleinement de ses jeunes années en attendant de commencer sa vie d’adulte. Les jeunes sont fondamentalement en bonne santé; ils sont la plupart du temps heureux, et un avenir prometteur les attend.

Mais les choses étaient différentes il y a cinq ou six décennies à peine.

Au début du siècle, nos chances de survivre à la naissance et de passer à travers l’enfance n’étaient pas toujours les meilleures. Au cours des trente premières années du siècle, les principales causes de maladie et de décès chez les nourrissons et les enfants étaient les maladies infectieuses et nutritionnelles. Il n’existait tout simplement pas de médicaments précis contre les infections. La méningite se révélait presque toujours mortelle. Diverses formes d’infections streptococciques étaient répandues. À cause de l’absence d’antibiotiques, certaines formes d’otites finissaient par infecter l’os derrière l’oreille, et une intervention chirurgicale devenait nécessaire. On appelait cette infection mastoïdite.

Le rhumatisme articulaire aigu est une autre maladie infectieuse qui, avant que des médicaments efficaces ne soient mis au point, atteignait le coeur et rendait nécessaire une intervention chirurgicale.

La tuberculose?

Si la tuberculose n’avait pas commencé à réapparaître dans certaines régions du monde, vous n’auriez peut-être jamais entendu parler de tuberculose ou de consomption comme on l’appelait alors. Pourtant, pas plus tard que dans les années 1950 lorsque naissait la plupart de vos parents, les victimes de cette maladie, qui s’attaquait aux poumons, aux os, aux reins et à d’autres organes, se comptaient par centaines au Canada dans ce qu’on appelait les «sanatoriums».

Mais comme toutes ces autres maladies, la tuberculose a finalement été vaincue grâce à un remède miracle qui, à compter de la fin des années 1930, allait permettre de prévenir les complications éventuellement mortelles de nombreuses maladies infectieuses. À mesure que les connaissances scientifiques augmentaient, on comprenait mieux comment se propageaient des fléaux courants comme la diphtérie, la scarlatine et la coqueluche. Les maladies infectieuses sont devenues moins terrifiantes au fur et à mesure que de nouveaux médicaments (par exemple, les sulfamides), des vaccins et des immunoglobulines ont été élaborés. La pénicilline, le premier antibiotique, a tout changé, de la même manière que la mise au point de vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche.

Les ravages de la polio

Savez-vous ce qu’est un «poumon d’acier», ou en avez-vous déjà vu un? Jusqu’à l’apparition de vaccins efficaces au milieu des années 1950, c’est par centaines que de jeunes gens étaient subitement frappés de paralysie et devenaient, en l’espace de quelques heures, incapables de respirer sans poumon d’acier. La poliomyélite, ou polio, causait cette paralysie chez les enfants. La plupart des personnes atteintes s’en sont tirées, mais sont restées plus ou moins infirmes pour la vie. Grâce à la vaccination, l’incidence de la polio est tombée pour ainsi dire à zéro. Il est rare qu’on entend dire aujourd’hui qu’une personne née au Canada et vaccinée a été frappée par la polio.

Un remède miracle, l’insuline

Nous connaissons presque tous quelqu’un qui souffre du diabète et qui doit prendre de l’insuline. Saviez-vous que ce remède miracle a été découvert par deux scientifiques canadiens de renom, les Drs Frederick Banting et Charles Best. Leur découverte a littéralement sauvé des millions de vies. Ce ne sont pas tous les diabétiques qui doivent prendre de l’insuline, mais ceux qui doivent le faire n’ont vraiment pas d’autre choix.

«Le bon vieux temps»

Vous, les jeunes canadiens et canadiennes d’aujourd’hui, grandissez dans un monde très différent de ce qu’il était il n’y a pas si longtemps encore. Vous devriez consacrer du temps à vos parents, ou mieux encore, à vos grand-parents, pour parler du «bon vieux temps».

Les personnes âgées parlent souvent du bon vieux temps lorsqu’elles évoquent les années où elles ont grandi. À de nombreux points de vue, elles ont raison. La vie était plus simple alors. Selon certains, il était plus facile d’être heureux parce qu’on était moins pressé et qu’on avait moins de surmenage. Cependant, tout n’était pas rose pour autant. En 1921, le taux de mortalité infantile était à son plus haut niveau. Un enfant sur dix mourrait à la naissance ou avant d’avoir eu un an. On avait 87 p. 100 de chances de vivre jusqu’à 15 ans et 74 p. 100 de chances de se rendre à 50 ans. En comparaison, on a aujourd’hui 99 p. 100 de chances de vivre jusqu’à 15 ans et 95 p. 100 de chances de célébrer son cinquantième anniversaire. C’est vraiment une amélioration!

L’amélioration constante des taux de survie depuis ce temps s’explique par nombre de facteurs, dont les meilleures conditions d’hygiène, la pasteurisation du lait, la plus grande pureté de l’eau potable, les nouveaux médicaments, les vaccins, les meilleures conditions de vie, sans oublier surtout le développement de la thérapeutique, des méthodes de diagnostic, de l’anesthésie et de la chirurgie.

Les techniques de l’ère spatiale

Jusqu’aux années 1960, seuls les rayons X, qui peuvent être nocifs les doses reçues sont trop fortes (comme c’était souvent le cas avec les appareils d’autrefois), permettaient d’explorer l’intérieur de l’organisme. Malgré leur grande utilité, les rayons X ne livraient pas toute l’information nécessaire au diagnostic de certaines maladies. La chirurgie exploratrice demeurait donc le seul recours possible dans certains cas. Nous possédons aujourd’hui des appareils de l’ère spatiale, ultra-perfectionnés, qui permettent d’explorer tout le corps. Ces appareils ont donné naissance à des techniques comme la tomodensitométrie, l’imagerie par résonance magnétique (IRM), et la tomographie par émission de positrons.

Chacune de ces techniques offre au médecin une fenêtre unique par laquelle il peut examiner à peu près n’importe quelle région du corps, y compris le cerveau, sans faire couler une seule goutte de sang. La tomographie par émission de positrons produit une série de motifs colorés qui montrent l’activité biochimique à l’intérieur du cerveau humain. Elle permet même de voir quelle partie du cerveau entre en action lorsque nous sentons une fleur, jouons d’un instrument de musique, ou essayons de résoudre un problème de mathématique. Alors qu’auparavant la chirurgie représentait souvent la seule façon de déterminer la cause d’un dérèglement interne, ces nouvelles techniques, combinées aux fibres optiques souples et aux lasers, rendent le bistouri du chirurgien souvent inutile.

Nous possédons aussi des moniteurs cardiaques perfectionnés et des instruments complexes qui nous permettent de mesurer l’activité électrique dans le cerveau (le plus complexe de tous les ordinateurs) ainsi qu’ailleurs dans le système nerveux central.

Des bébés en santé

D’énormes progrès ont été réalisés du côté de la mortalité infantile. Comme on l’a mentionné plus tôt, un enfant sur dix mourait au moment de la naissance, ou à peu près, il y a 70 ans. Même lorsque vos parents sont nés, vers 1960, le taux de mortalité infantile s’établissait encore à 27 pour 1 000, alors qu’il est aujourd’hui 6,8 pour 1 000 environ. Cette formidable amélioration, même échelonnées sur sept décennies, tient à nombre de facteurs, allant de l’amélioration des soins à la future mère et à l’enfant à naître, à une capacité plus grande de reconnaître les grossesses à risque grâce à des techniques de contrôle révolutionnaires. Aujourd’hui, les médecins peuvent «voir» et surveiller le stade de croissance du foetus dans le ventre de sa mère. Ils peuvent suivre sa respiration, et même ses bâillements. Cette visualisation du foetus est possible grâce à l’échographie, application non invasive (c’est-à-dire non sanglante) des ultrasons d’abord mise au point pour détecter les sous-marins en temps de guerre. Aujourd’hui, les médecins et les infirmières dans des services hospitaliers hautement spécialisés réussissent à sauver des enfants prématurés qui n’auraient jamais survécu auparavant.

L’attrait de la recherche

De nombreuses façons, le monde est très différent de ce qu’il était hier encore. Dans le domaine médical, des méthodes et des technologies nouvelles ont ouvert un tout nouveau monde de découvertes. En fait, une carrière en sciences médicales n’a jamais présenté plus d’attraits.

Toutes ces avances technologiques déboucheront, il est à espérer, sur des traitements nouveaux et améliorés de maladies qui confondent encore les médecins. Peut-être permettront-elles pendant votre vivant de guérir ces maladies ou, encore mieux, de les prévenir. Bien sûr, il ne faut pas oublier que nombre de maladies peuvent déjà être prévenues, dans une large mesure, par un mode de vie sain : régime alimentaire pauvre en graisses, exercice, non-usage du tabac, consommation minimale d’alcool, examens médicaux périodiques, et adaptation au surmenage – vivre au jour le jour et apprendre à être optimiste.

La recherche, point de départ des découvertes

Évidemment, tout ce qui s’est produit au cours de ces années n’est pas le fruit du hasard. C’est plutôt le résultat d’observations soigneuses et de recherches par des scientifiques dans les laboratoires médicaux d’universités, h’hôpitaux et d’instituts de recherche partout dans le monde et au Canada. En fait, les scientifiques canadiens sont reconnus dans le monde entier pour leurs réalisations dans nombre de secteurs de la recherche médicale.

La recherche biomédicale est le moyen essentiel qui permet de réaliser les progrès dans la lutte contre les maladies et la souffrance humaines. En diagnostiquant plus tôt les maladies et en améliorant leur traitement, on aidera non seulement à réduire le coût des soins de santé, mais on contribuera à prolonger l’autonomie et à réduire l’institutionnalisation des canadiens âgés. Et pour ceux qui ne le sauraient pas, de plus en plus de canadiens vivent plus vieux aujourd’hui. Un pays qui possède une solide base de recherche dans ses universités et ses autres établissements attire et garde les plus brillants cerveaux; ceux-ci, comme chercheurs et enseignants, aideront à former de nouvelles générations de jeunes scientifiques.

Le Conseil de recherche médicales?

Au Canada, le Conseil de recherches médicales (CRM) est le principal organisme fédéral chargé du financement de la recherche biomédicale. Il dispose d’un budget annuel d’environ 250 millions de dollars pris sur les recettes fiscales. Son objectif premier est l’amélioration de la santé des canadiens et des canadiennes par le soutien de la recherche en sciences de la santé et la formation de chercheurs. Le CRM ne possède pas de laboratoires, mais il appuie la recherche et la formation en sciences de la santé dans les universités, les hôpitaux affiliés et d’autres établissements.

Le CRM conseille également le ministre fédéral de la Santé en matière de la recherche médicale.

Chaque année, plus de 3 000 chercheurs demandent des fonds au CRM pour financer leurs recherches ou leur formation. Leurs demandes sont soigneusement analysées par des comités d’examen scientifique composés d’experts de nombreuses disciplines de la santé. On cherche à savoir dans qu’elle mesure les recherches proposées pourraient aider à mieux comprendre le comportement du corps humain, malade ou sain.

Le caractère éthique de la recherche est depuis longtemps une des toutes premières préoccupations du Conseil de recherches médicales. Les principes directeurs énoncés dans une brochure intitulée «Lignes directrices concernant la recherche sur des sujets humains» ont été acceptés comme normes nationales au Canada.

Le CRM, qui va progressivement élargir son rôle à l’ensemble de la recherche en sciences de la santé, renforce également son engagement à l’égard de partenariats avec le secteur industriel pour mieux contribuer à la prospérité économique du Canada en appliquant les nouvelles connaissances à l’élaboration de nouvelles techniques et de nouveaux produits.

Le Programme national de recherche et développement en matière de santé (PNRDS) a pour objet le financement de la recherche, à l’échelle nationales, dans le domaine de la santé, de l’hygiène publique, des soins de santé et du bien-être. Pour ce faire, le PNRDS appuie la formation et la carrière des chercheurs des disciplines reliées à la santé. Au premier plan de ses préoccupations se trouve le perfectionnement scientifique des jeunes femmes. Grâce au financement d’ateliers centrés sur la recherche en santé, il favorise la dissémination et le partage des résultats de la recherche. Le PNRDS cherche également à recevoir des projets de recherche portant sur les problèmes de santé comme le sida, la violence familiale, la toxicomanie, l’abus d’alcool et l’autonomie des aînés.

Des découvertes canadiennes

Les pages qui suivent contiennent quelques exemples de réalisations, dans le domaine biomédical, de chercheuses et de chercheurs canadiens financés en tout ou en partie par le Conseil de recherches médicales du Canada :

  • Le Dr Michael Smith, de l’Université de la Colombie-Britannique, a remporté le prix Nobel de chimie en 1993 pour avoir mis au point une technique essentielle en génie génétique, technique connue sous le nom de mutagenèse dirigée. Selon l’Académie royale des sciences de la Suède, sa découverte «a révolutionné la recherche fondamentale et entièrement modifié la manière dont les chercheurs procèdent à leurs expériences».
  • Un scientifique de l’Hôpital pour enfants de Toronto a dirigé des recherches qui ont permis d’isoler et de cloner le gène responsable de la dystrophie musculaire de Duchenne-Becker.
  • Des chercheurs de l’Université Queen’s ont découvert pourquoi le cancer du poumon résiste souvent aux médicaments. Ils ont en effet décelé la présence d’une protéine dans les cellules du cancer du poumon qui immunise ces dernières contre les médicaments qui les détruiraient autrement. Cette découverte, qui a capté l’attention de la communauté scientifique, pourrait conduire à un traitement plus efficace du cancer du poumon.
  • Une équipe de l’Université d’Ottawa et de l’Hôpital pour enfants de l’est de l’Ontario a réalisé une importante percée qui permettra de mieux comprendre la myatonie atrophique, l’une des maladies neuromusculaires transmises héréditairement les plus répandues dans le monde. L’équipe, qui travaille en collaboration avec un group international, a localisé le gène défectueux responsable de la maladie.
  • Des scientifiques de l’Université Dalhousie ont découvert qu’une enzyme, la réductase 5-alpha, peut faire diminuer la taille des glandes enflées de la prostate. Cette découverte pourrait remplacer la chirurgie que doivent subir les hommes âgés qui sont souvent atteints de ce trouble.
  • Une équipe de scientifiques de l’Hôpital pour enfants de Toronto a identifié le gène défectueux responsable de la fibrose kystique, réussissant même à déceler la molécule qui cause la maladie chez la plupart des personnes atteintes.
  • Des chercheurs à l’Université de l’Alberta ont découvert la structure tridimensionnelle de la rénine, enzyme régulatrice de la tension artérielle. Leur découverte pourrait conduire à la formulation de nouveaux médicaments aux effets secondaires moins nombreux pour le traitement de l’hypertension artérielle.
  • Les travaux de scientifiques à l’Université de Sherbrooke permettront peut-être d’améliorer le traitement des personnes atteintes du diabète de type II qui souffrent en plus d’hypertension. Ce que ces chercheurs ont découvert peut aider à expliquer l’hypertension artérielle chez les personnes aux prises avec cette forme (la plus courante) de diabète.
  • Les découvertes réalisées par des chercheurs de l’Université Memorial (Terre-Neuve) pourraient déboucher sur l’élaboration de méthodes qui minimiseraient les détériorations permanentes qui se font sentir dès le développement du foetus et tout au long de la vie adulte à cause de l’abus d’alcool. les résultats obtenus par ces chercheurs pourraient fournir des indices sur la manière de manipuler le système récompensant du cerveau qui, croit-on, jouerait un rôle essentiel dans les risques d’accoutumance à l’alcool et aux drogues et dans les symptômes de sevrage.
  • Des scientifiques à l’Hôpital pour enfants de Toronto sont sur une piste qui pourrait les aider à mieux comprendre la mort subite du nourrisson, phénomène inexpliqué à l’origine du décès de jusqu’à 600 bébés (généralement âgés de deux à quatre mois) chaque année au Canada. Ils ont en effet découvert que certaines cellules du poumon ressentent le manque d’oxygène. S’il y a un manque, elles libèrent une substance chimique qui commande à l’organisme de respirer plus profondément. La mort subite du nourrisson serait causée par une défaillance du mécanisme respiratoire.
  • Un groupe de chercheurs de l’Université McGill collaborent, avec une équipe internationale de chercheurs dans treize établissements, à identifier un gène responsable de la forme héréditaire de la sclérose latérale-amyotrophique (maladie de Lou Gehrig). Cette découverte permet d’espérer la mise au point de nouveaux traitements contre la maladie, qui est presque toujours mortelle. Dans la sclérose latérale-amyotrophique (SLA), de grands neurones moteurs (ou motoneurones) dans le cerveau et la moelle épinière commencent à mourir, ce qui entraîne l’affaiblissement graduel des muscles et, finalement, la paralysie totale.
  • Des scientifiques de l’Université Laval sont à l’origine de l’usage d’agents semblables aux hormones pour améliorer le traitement du cancer de la prostate, deuxième cause de mortalité parmi les cancers chez les hommes.
  • De leur côté, des scientifiques de l’Université McMaster ont jeté beaucoup de lumière sur le rôle des plaquettes dans la formation des caillots de sang responsables de crises cardiaques. Les plaquettes sont de minuscules substances dans le courant sanguin qui, en situation normale, aident à produire la coagulation qui arrête l’hémorragie lorsque nous nous coupons.
  • Des scientifiques de l’Université McGill ont dirigé un projet de recherche qui a permis d’isoler le gène qui permettrait à l’organisme de résister à une foule d’infections, dont la tuberculose, la salmonellose et la lèpre. Leur découverte permet d’espérer qu’on trouvera de nouvelles façons de faire échec à ces maladies. Elle ouvre la perspective de traitements géniques avancés qui rendront l’organisme plus apte à combattre la maladie.
  • Un chercheur de l’Institut du cancer de l’Ontario a dirigé des travaux qui ont conduit au clonage et à la détermination de la séquence du gène codant pour le récepteur des lymphocytes T, important élément du système de défense de l’organisme contre la maladie.
  • L’astronaute canadienne Roberta Bondar a réalisé, à bord de la navette spatiale Discovery, des expériences importantes pour les recherches au sol de trois équipes de scientifiques du CRM. Une de ces expériences portait sur l’adaptation du système nerveux à l’apesanteur. Une autre se rapportait à un processus servant à séparer des matériaux biologiques, comme les cellules de la moelle épinière, pour le traitement du cancer. La troisième expérience avait trait aux douleurs dorsales que ressentent souvent les astronautes dans l’espace, mais ses conclusions pourraient profiter aux Canadiens, car 80 p. 100 d’entre eux éprouvent des maux de dos, à différents degrés, à un moment ou l’autre de leur vie.
  • Un scientifique de la Saskatchewan a conçu et mis en usage la première bombe au cobalt 60 dans le monde.
  • Un scientifique de l’Université du Manitoba a coordonné des études qui ont permis de démontrer l’efficacité de l’hormone de croissance pour faire augmenter la taille des enfants présentant un déficit en hormone de croissance à la naissance.
  • Ce même chercheur, alors qu’il travaillait à l’Université McGill, a découvert l’hormone humaine prolactine et a élaboré un test sanguin permettant de trouver les malades dont les tumeurs libèrent cette hormone en trop grande quantité. Ainsi, des milliers de femmes et d’hommes atteints de troubles de la reproduction ont pu être traités avec succès.
  • Des scientifiques de l’Université du Manitoba ont jeté les bases de l’élimination de la maladie du groupe érythrocytaire Rh nul, trouble souvent mortel chez les nouveau-nés.
  • Un scientifique de l’Université Western Ontario a découvert la vinblastine, médicament efficace qui tue les cellules cancéreuses et qui est aujourd’hui d’usage courant dans la chimiothérapie anticancéreuse partout dans le monde.
  • L’Université Queen’s a participé à la découverte de cellules «tueuses» naturelles chez les humains, éléments essentiels du système immunitaire qui lui permettent de détruire les cellules «étrangères».
  • Le premier stimulateur cardiaque a été mis au point par des médecins à l’Université de Toronto.
  • La calcitonine, hormone essentielle au métabolisme du calcium, a été découverte par un chercheur de l’Université de la Colombie-Britannique. Elle est aujourd’hui très utilisée pour le traitement des troubles osseux, notamment la maladie osseuse de Paget.
  • Enfin, des techniques neurochirurgicales d’avant-garde pour le traitement de l’épilepsie, des dyskinésies (mouvements anormaux) et des tumeurs ont été mises au point à l’Institut neurologique de Montréal.

Ces exemples ne représentent que quelques-unes des réalisations des scientifiques canadiens.

Vous qui achevez votre cours élémentaire et qui vous préparez à entreprendre vos études secondaires, puis qui irez au collège ou à l’université, pensez-vous parfois à devenir des chercheurs scientifiques? Vous avez peut-être envie de dire «jamais» parce que vous éprouvez des difficultés en mathématiques ou en sciences, ou même parce que vous êtes des filles. Pourtant nombre des plus brillants scientifiques actuels ont déjà eu des difficultés dans ces matières, et de plus en plus de médecins et de scientifiques sont aujourd’hui des femmes. Vous ne pouvez donc pas vous servir de ces excuses!

La santé des futurs Canadiens et Canadiennes et la prospérité économique du Canada dépendent beaucoup du choix des sciences biomédicales comme carrière par de jeunes gens brillants. Pensez-y et parlez-en à vos professeurs. Lisez ce qui concerne les progrès scientifiques réalisés par des Canadiens et des Canadiennes.

Lorsqu’il sera question de sciences et de santé dans vos livres, et que vous vous demanderez quelle importance peut bien avoir ce que vous lisez, souvenez-vous que cette information en a aidé d’autres avant vous à choisir des carrières scientifiques.

Le Canada a besoin de jeunes scientifiques dans le domaine biomédical comme il a besoin d’autres genres de chercheurs dans nombre de domaines. On l’a déjà dit, il n’y a jamais eu de meilleur temps pour faire carrière en sciences!

Publié en 1994 en collaboration avec le Conseil de recherches médicales du Canada.