Épidémiologie des maladies cardio-vasculaires et application et évaluation de programmes communautaires visant à modifier les facteurs de risque

Researcher name: 
J. George Fodor, MD, PhD, FRCPC

Je me suis joint à la faculté de médecine de l’université Memorial de Terre-Neuve en 1971. À cette époque, Terre-Neuve était la province canadienne qui avait les plus hauts taux de morbidité et de mortalité attribuables aux accidents vasculaires cérébraux, de même que le plus haut taux de décès par coronaropathie. Il était crucial dans notre projet de déterminer les facteurs contribuant à cet état de choses. Le premier doyen de la faculté de médecine, le Dr Ian Rusted, avait fait oeuvre de pionnier à cet égard, avec la collaboration des Drs Carl Abbott et Ian Senciall. Poursuivant dans la voie qu’ils avaient ouverte, nous avons établi que l’hypertension artérielle était singulièrement commune à Terre-Neuve. Sans l’ombre d’un doute, elle jouait un grand rôle dans la fréquence des accidents vasculaires cérébraux et des autres cardiopathies.

Nous nous sommes servis de l’expérience que j’avais acquise dans l’analyse de ce genre de situation en Tchécoslovaquie et en Suède pour réaliser un certain nombre d’études épidémiologiques chez divers échantillons de population. Les facteurs environnementaux pouvant être en cause dans la fréquence inhabituelle des maladies cardio-vasculaires avaient déjà été analysés. À la fin de ces travaux, il a été possible de mettre au premier rang des accusés un régime hypercalorique riche en sel, mais dépourvu d’éléments protecteurs, notamment le potassium et le calcium. D’autres facteurs environnementaux, comme la dureté ou la douceur de l’eau, donnaient à penser que les électrolytes pouvaient avoir une influence quelconque sur l’incidence et la prévalence élevées de l’hypertension artérielle. La présence d’un certain nombre d’autres facteurs de maladie cardio-vasculaire avait été confirmée : manque d’exercice physique, obésité et tabagisme.

Ces constatations ont donné lieu à une vaste campagne de formation professionnelle, avec le résultat que les cas à risque sont aujourd’hui dépistés beaucoup plus tôt et traités de manière intensive. Les efforts visant à réduire la mortalité et la morbidité attribuables aux accidents vasculaires cérébraux ont connu un succès certain. Nous nous inquiétons encore aujourd’hui que le recul des coronaropathies ne soit pas aussi marqué à Terre-Neuve que dans d’autres régions du Canada. En 1990, une vaste étude de prévention était entreprise, faisant appel à presqu’un millier de sujets de trois secteurs géographiques de la province. Un profil détaillé des sujets à risque pour les maladies cardio-vasculaires a été établi et, dans un des secteurs, un programme intensif est en cours afin de modifier les mauvaises habitudes de vie. Les résultats seront évalués en 1993. Nous espérons être en mesure de montrer une réduction des facteurs de risque des maladies cardio-vasculaires et de faire régresser encore la mortalité et la morbidité attribuables aux coronaropathies.

Nous n’aurions pas pu faire que ce nous avons fait sans l’aide considérable de Santé Canada qui, dans le cadre du PNRDS, a financé un certain nombre de nos projets passés. Nous tenons aussi à remercier la Fondation des maladies du coeur du Canada, qui a également contribué d’importante façon à la réalisation de nos études exploratoires.