Dr Ivar Mendez

Université Dalhousie
Le chercheur du mois: 
Jan 2004

Professeur, département de chirurgie
(Division de la neurochirurgie)
Université Dalhousie, Halifax, Nouvelle-Écosse

Professeur associé, département d’anatomie et de neurobiologie
Université Dalhousie, Halifax, Nouvelle-Écosse
Président, Brain Repair Centre
Directeur de recherche, département de chirurgie
Directeur, Laboratoire de transplantation neuronale

Recherche actuelle

C’est à la fois comme clinicien et chercheur scientifique que je suis spécialisé en neurochirurgie fonctionnelle et transplantation neuronale de même que la culture de cellules souches et la robotique liées à la neurochirurgie. Mon travail en laboratoire est révisé et appuyé par des organismes de financements en recherche scientifique comme les Instituts de recherche en santé du Canada, le Centre national d’Excellence (Réseau de cellules souches), la Nova Scotia Research Foundation et la Parkinson’s Disease Foundation aux États-Unis.

Notre laboratoire de recherche en transplantation des cellules du cerveau est consacré au rétablissement de la circuiterie neuronale applicable chez les patients atteints de la maladie de Parkinson ou de blessures graves à la moelle épinière. Ces dernières années, nous privilégions l’approche de la greffe des neurones dans les parties du cerveau endommagées des parkinsoniens dans la perspective de rétablir la circuiterie synaptique. Nous sommes en mesure actuellement d’appliquer les résultats de la recherche fondamentale en essais cliniques chez des patients parkinsoniens à qui la greffe de neurones a été réalisée. Nous privilégions également cette approche dans la réhabilitation de la moelle épinière des modèles animaux ayant subi une blessure grave à la moelle épinière. Nous étudions une combinaison de facteurs neurotrophiques en relation avec la régénérescence des cellules grâce à des cellules souches pour augmenter les chances de réussite de la greffe et ses fonctions. Notre travail n’aurait pu se réaliser sans un solide partenariat entre de nombreux laboratoires de recherche à travers le Canada, les États-Unis et l’Europe dans la perspective d’étudier l’impact des cellules souches dans la régénérescence du cerveau chez les parkinsoniens, les patients victimes d’ACV et les cas de lésions sévères à la moelle épinière.

Ma recherche médicale est centrée sur l’utilisation de la stimulation cérébrale profonde pour soigner les dysfonctionnements du mouvement et nous étudions particulièrement le potentiel thérapeutique de la stimulation cérébrale profonde sur la dystonie chez les enfants atteints de paralysie cérébrale.

Nous avons récemment amorcé une recherche en robotique appliquée en neurochirurgie dans laquelle nous voulons établir les façons d’utiliser la technologie robotique en neurochirurgie et aller chercher le soutien robotique nécessaire aux interventions chirurgicales à distance (chirurgie téléguidée). A cet égard, un projet de chirurgie téléguidé a été mis en place entre le département de neurochirurgie à Halifax et l’unité neurochirurgicale de Saint John, au Nouveau-Brunswich, à 400 kilomètres de là. Nous sommes en train de définir le protocole permettant d’effectuer des opérations chirurgicales par télécommande. Cette technologie a le potentiel de procéder à une intervention chirurgicale n’importe où dans le monde. Nous explorons également le potentiel du télémentorat dans l’apprentissage de la neurochirurgie.

Visée et réalité

Dr Mendez est président et membre fondateur du Brain Repair Centre (BRC), une collaboration établie entre l’université Dalhousie, le Capital Health et le Conseil national de recherche. Le BRC est un centre multidisciplinaire rassemblant des chercheurs de réputation internationale et des médecins spécialisés en traitements et technologies de fine pointe dans le domaine de la réhabilitation du cerveau. Le BRC regroupe le plus vaste spectre de spécialisations du Canada atlantique. En vue de ce partenariat, Dr Mendez a joué un rôle proéminent dans la modernisation du centre de recherche de Halifax, dont l’acquisition d’un système d’Imagerie par Résonance Magnétique de 4 Tesla et l’établissement de nouveaux laboratoires en neurobiologie et culture de cellules souches.

Inspirations

Après une première année de résidence en neurochirurgie, l’université Western Ontario m’offrait l’opportunité d’explorer un champ de recherche en transplantation neuronale et m’accordait le soutien technique nécessaire à la poursuite d’un doctorat de deux ans. Au moyen d’un modèle animal, j’ai réussi à démontrer – et j’étais le premier à le faire – qu’une cellule transplantée pouvait réussir à faire le contact avec une autre cellule du cerveau receveur, via une connexion synaptique.

Cette grande avancée a permis de démontrer qu’une cellule provenant d’un animal animal pouvait non seulement survivre à sa transplantation dans le cerveau, mais qu’elle pouvait se placer adéquatement et communiquer avec la cellule appropriée, choisissant la bonne parmi des milliers d’autres. A partir de là, j’étais convaincu qu’il serait possible un jour de rétablir la circuiterie du cerveau. Depuis ce jour, cet objectif est devenu ma quête et le but visé de chacune de mes expérimentations.

Aujourd’hui, ma vision est sur la voie de la réalisation. Mon laboratoire, à Dalhousie, me permet d’explorer les aspects fondamentaux de la recherche; et je poursuis les essais cliniques au pavillon des sciences de la santé QEII (anciennement appelé l’Hôpital général Victoria et désormais intégré au réseau Capital Health). Au cours des huit dernières années, la recherche qui se poursuit au laboratoire de transplantation neurologique a permis de réunir, à Halifax, des chercheurs scientifiques et des médecins dans un programme coordonné de recherche interdisciplinaire en vue de trouver des solutions novatrices dans le domaine sans cesse croissant de la réhabilitation neurologique par la transplantation des cellules.

L’équipe travaille à la fois sur le plan de la recherche fondamentale et au niveau clinique en vue de répondre à d’importantes questions soulevées partout dans le monde par différentes équipes de recherche : dans quel endroit du cerveau pouvons-nous transplanter les cellules? Y a-t-il moyen d’assurer leur survie? Comment faire la greffe sans endommager le cerveau? Et depuis peu, on se demande quels autres types de cellules ou quelles autres sources pourraient avoir un potentiel meilleur encore ou présenter moins d’inconvénients?

Conjuguer mon bagage scientifique à mon expérience médicale est un élément gagnant de mon cheminement. En équipe, je travaille à la formulation des concepts. Ensuite, je mets au point le processus technique devant guider la recherche avec les modèles animaux, et quand les résultats sont positifs, on les utilise en essais cliniques.

Impact

Nous sommes des pionniers dans le domaine de la réhabilitation du cerveau; Halifax est le seul endroit où il existe un programme de transplantation neuronale. La recherche que nous faisons actuellement pourrait mener à l’implantation de thérapies régénératrices des cellules dans le traitement d’une grande variété de désordres neurologiques dont la maladie de Parkinson, les fractures spinales, les ACV et la maladie d’Alzheimer.

Ce programme est multidisciplinaire, et les scientifiques travaillent de concert avec les médecins pour déterminer la méthodologie de la transplantation des cellules nouvelles dans le cerveau pour fin thérapeutique et le traitement de certaines maladies comme Parkinson. La transplantation neuronale ouvre de grandes avenues. Je prévois qu’un jour, pas si lointain, nous allons réhabiliter le cerveau et la moelle épinière. L’impact est énorme pour ceux qui souffrent de la maladie de Parkinson et de fractures spinales.

De plus, nous effectuons un autre type d’intervention appelée la stimulation cérébrale profonde pour réduire les tremblements chez les parkinsoniens et les victimes de divers dysfonctionnements neurologiques. Pour aider à soulager ces patients, j’implante un petit ordinateur dans la poitrine. L’ordinateur est relié à des électrodes spéciales rattachées au cerveau. Cette intervention aide à réduire certains symptômes chez les parkinsoniens.

L’impact de la robotique en chirurgie, tout particulièrement en neurochirurgie, est gigantesque. Notre capacité d’exporter un savoir-faire dans ce domaine, généralement concentrée dans les grands centres urbains, vers les petites communautés est considérablement accrue par la technologie de la robotique et des télécommunications. Je suis en mesure de prédire que les mains et les yeux de neurochirurgiens présents dans un grand hôpital urbain seront transportés – sans délai – par un mode technologique de la robotique et des télécommunications des plus sophistiqués, vers des cliniques en région où il sera possible d’opérer des patients en danger de mort. L’intervention téléguidée rendra le savoir-faire disponible à toutes cliniques neurochirurgicales instantanément. Cette avancée assurera un meilleur soin aux patients et permettra d’éviter de les déplacer vers les grands centres hospitaliers. La chirurgie téléguidée et la consultation à distance par la robotique (le télémentorat) est aussi, potentiellement, un excellent outil de formation pour les futurs neurochirurgiens.

Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec Dr Ivar Mendez à l'aide Formulaire de contact e-mail