Chiens & Recherche

Même si les chiens représentent chaque année moins de 1 pour cent des animaux utilisés pour la recherche biomédicale, la contribution qu’ils apportent à différents domaines de la médecine est précieuse.  Les exemples suivants donnent un aperçu des recherches effectuées avec des chiens.

CŒUR ET POUMONS

Les systèmes cardio-vasculaire et respiratoire des chiens se comparent à ceux de l’être humain.  Grâce aux chiens, notre compréhension des fonctions et pathologies de ces organes a considérablement progressé.

  • Des chercheurs ont mis au point un procédé permettant d’interrompre et de faire repartir les pulsations cardiaques du chien.  Cette première étape a donné l’élan aux premières chirurgies cardiaques.
  • Les recherches menées sur les chiens ont conduit à l’élaboration d’un cœur-poumon artificiel qui autorise le recours à la chirurgie cardiaque sans mettre en danger la vie du patient.1
  • Les techniques de chirurgie cardiaque comme le pontage coronarien, l’insertion des valvules cardiaques artificielles et l’implantation de stimulateurs cardiaques ont d’abord été expérimentées et étudiées chez le chien avant d’être effectuées sur des sujets humains.2
  • Les recherches menées sur les chiens ont permis de corriger la cardiopathie congénitale cyanogène (bébés bleus).3  Cette procédure chirurgicale permet de remédier à une malformation congénitale du développement des artères reliant le cœur aux poumons.
  • L’élaboration de procédures de traitement de l’emphysème est le fruit de recherches menées sur le chien.4
  • Les chiens ont joué un rôle capital dans l’élaboration de l‘angioplastie, procédure d’augmentation du calibre de l’artère fémorale visant à débloquer les artères coronaires.5

TRANSPLANTAIONS D’ORGANES

Les chiens ont été les premiers animaux utilisés pour maîtriser le phénomène de rejet des transplantations d’organes.6  Le Prix Nobel de médecine de 1990 a été décerné à des chercheurs qui ont étudié les fondements immunologiques du rejet d’organes sur des chiens.  Ces études ont ensuite permis d’effectuer des greffes de reins, de cœurs, de poumons, de foires et de pancréas chez des sujets humains.

DIABÈTE
Grâce au chien, les chercheurs ont découvert que les diabétiques souffraient d’une carence en insuline.7  Des chirurgiens cherchent à mettre au point des méthodes de transplantation de cellules génératrices d’insuline issues du pancréas pour prolonger la vie des diabétiques et améliorer leur qualité de vie tout en traitant les complications liées à cette maladie.8  La transplantation de pancréas artificiels chez des chiens ayant été couronnée de succès, les chirurgiens espèrent concevoir un traitement permanent chez l’être humain.9

TRAUMATISME ET CHOC

Les chiens permettent aux médecins et infirmières des salles d’urgence de s’initier aux techniques de réanimation des patients victimes de traumatismes.

L’étude des infections post-traumatiques, des complications cardiaques, des fonctions rénales, de la tension artérielle et des techniques d’anesthésie chez les chiens permet aujourd’hui aux médecins d’éviter l’irréparable.10

SQUELETTE

Les recherches menées sur le chien ont fait progresser les connaissances sur les fractures et les différents membres du corps humain.  La hanche artificielle a d’abord été conçue pour des chiens et a conduit à l’invention de toute une gamme de prothèses et de techniques de réparation pour différents types de joints, comme aux genoux, et d’articulations artificiels.11  La réparation des cartilages et tendons et l’arthrodèse figurent au nombre des procédures expérimentées sur le chien et qui sont aujourd’hui utiles aux humains comme aux animaux.12

ANESTHÉSIE

Les chiens permettent d’évaluer l’équipement et les méthodes d’anesthésie ainsi que les agents anesthésiques/tranquillisants.  Les recherches menées sur le chien ont également abouti à l’amélioration du matériel utilisé pour maintenir constante l’arrivée d’oxygène dans les poumons pendant l’anesthésie, tant chez les chiens que chez les êtres humains.13

MICROCHIRURGIE

Les recherches menées sur le chien ont amélioré et fait progresser les techniques de microchirurgie, essentielles au regreffage d’orteils, de doigts et de bras sectionnés.14

SYSTÈME GASTRO-INTESTINAL

Les recherches menées sur le tractus gastro-intestinal des chiens ont permis aux chirurgiens de procéder à l’ablation, à la reconstruction et à la réparation du côlon, de l’intestin et de différents organes abdominaux.

TOXICITÉ

Les chiens sont exposés à certains produit5s pour déterminer à quelles concentrations ils deviennent toxiques ou dangereux pour l’être humain et pour déterminer le meilleur traitement possible.15  Les chiens se sont montrés particulièrement utiles dans l’étude des effets nocifs de la radiation.16

RECHERCHES BÉHAVIORISTES

  • Les études de Pavlov sur la physiologie et la psychologie des chiens ont jeté les bases du béhaviorisme.  Les connaissances acquises grâce à ces recherches ont été transférées à l’analyse du comportement humain.17
  • Les études béhavioristes permettent également le dressage des chiens de garde et des chiens destinés à aider les aveugles et les sourds.
  • Les chiens se sont également montrés utiles dans le cadre de l’étude de l’anorexie mentale et d’autres traumatismes psychologiques liés à l’alimentation.18

MALADIES NEUROLOGIQUES

Une colonie d’épagneuls bretons à été mise au point pour servir de modèle dans l’étude de la sclérose latérale amyotrophique ou maladie de Lou Gerhig, qui détruit les nerfs du cerveau et de la moelle épinière et frappe près de 5 000 Américains par an.  Ces chiens souffrent d’une maladie héréditaire qui entraîne une paralysie progressive comparable à celle des êtres humains atteints de sclérose latérale amyotrophique.  L’étude de cette maladie chez le chien montre qu’il s’agit d’une maladie héréditaire à transmission autosomique dominante comme c’est parfois le cas chez l’être humain.  Comme les chiens se reproduisent rapidement, les études génétiques fournissent des renseignements qu’il serait difficile d’obtenir chez l’être humain.19

MALADIES ANIMALES

Les études menées sur les chiens ont conduit à l’élaboration de procédés et de traitements pour les animaux, dont les stimulateurs cardiaques, les hanches et joins artificiels, le traitement du diabète, les soins dentaires, la chimiothérapie et les vaccins canins destinés à les protéger contre plusieurs maladies comme la rage.

BIBLIOGRAPHIE
1Deaton, JG: New Parts for Old. Palisades, NJ: Franklin. 1974.

2Gay, WI: The Dog as a Research Subject. Physiologist 27:133-140.

3Lupinetti, FM; Wareing, TH et al; Pathophysiology of chronic cyanosis in a canine model. Functional and metabolic response to global ischemia. J. Thorac Cardiovasc Surg 1985 Aug; 90(2):291-6

4Marco, V; Meranze, DR et al: Papa induced experimental emphy-sema in the dog. J Appl Physiol 33:293-299, 1972.

5Jain, AC; Dedhia, HV; Savrin, RA; et al: Laser and balloon angioplasty in chronic occlusion of femoral artery in a canine model. Am Heart J 1986 Apr: 111(4):794-5.

6Gay, WI: The Dog as a Research subject. Physiologist 27:133-140.

7Best, CH: A short Essay on the Importance of Dogs in Medical Research. Physiologist 17:437-439.

8Helling, TS; Christ, DA; Reinhardt, JR; et al: Segmental pancreas transplantation in the canine model, a reappraisal. Am J Surg 146:838-843, 1983.

9Sullivan, SJ; Maki, T; Borland, KM; et al: Biohydrid Artificial Pancreas: Long term Implantation Studies in Diabetic, Pancreatomized Dogs. Science, 252:718-721, 1991.

10Seeley, SF; and Welsiger, JR (Eds): Recent Progress and Present Problems in the Field of Shock. Federation Proc. 20 Suppl. 9:1-259, 1961. Mahoney, BD: Gerdes, D; et al: Aortic compressor for aortic occlusion in hemorrhagic shock. Ann Emerg Med 1984 Jan: 13(1): 11-6.

11Stock, D.; Gottstein, J; Griss,P et al: Experimental results of stepped titanium shafts for hip endo-prosthesis. J Orthoped. 121:640-645.1983.

12
Manske, PR; and Lesker, PA: Nutrient pathways to extensor tendons within the extensor retinacular compartments. Clin. Oethop. 171:234-237. 1983.

13Gay, WI: The dog as a Research subject. Physiologist 27: 133-140.

14
Gay, WI: The dog as a Research subject. Physiologist 27: 133-140.

15Gay, WI: The dog as a Research subject. Physiologist 27: 133-140.

16Shifrine, M; Bulgin, MS; Dollarhide, NF; et al: Transplantation of radiation-induced canine myelomonocytic leukemia. Nature London 232:405-406.

17Pavlov, IP: Conditional Reflexes and Investigation of Physiological Activity of the Cerebral Cortex. Translated  by GU Anrep. New York: Dove 1927.

18Kurstin, IT: Physiological mechanisms of behavior disturbances and cortico-visceral interrelations. In: Abnormal Behavior in Animals, ed. by MW Fox. Philadelphia, PA: Saunders. 1968: 107-116.

19Cork, LC; Griffin, JW; Munnell, JF; et al: Hereditary canine spinal muscular atrophy. J. Neuropathol. Exp. Neurol. 38:209-221, 1979.