Le cancer du côlon

En 1976…

Ce qu’on connaissait sur le cancer du côlon en 1976, par rapport à aujourd’hui, est aussi contrasté que le jour et la nuit. « Avec ce que l’on sait aujourd’hui, on peut dire que ce que notre savoir en 1970 était plutôt primitif, et nos façons de le soigner également, » déclare le Dr Malcolm Moore, directeur du service d’oncologie à l’Hôpital Princess Margaret, à Toronto.

Tout ce qui concerne le dépistage, le diagnostic, les thérapies et la durée de vie d’alors, et de maintenant, est totalement différent. Il y a trente ans, on commençait à peine à considérer le dépistage comme une façon de diagnostiquer la maladie à ses débuts. On n’y recourait que peu, et la technique principale consistait en un lavement combiné de baryté et de rayons X. Le baryum est un liquide crayeux qui est visible aux rayons X et qui aide à voir l’anatomie interne.

La plupart des cas de cancer du côlon n’étaient diagnostiqués qu’à un stade avancé, principalement dû au manque de dépistage. Et comme pour toute maladie, le plus tôt on identifie la maladie, et qu’on commence les traitements, le mieux on s’en trouve. Les traitements des années 1970 se résumaient en un médicament appelé 5FU (fluoro-uracile) et « c’était à peu près tout, » poursuit le Dr Moore.

Aujourd’hui…

Au début du 21e siècle, les pronostics du cancer du côlon sont plus prometteurs. Le taux de survie a grandement augmenté. « Durant les années 1970, un pronostic de vie de 5 ans pour un cancer de stade 3 était environ 40 ou 50 pour cent. Aujourd’hui, on parle de 60 à 65 pour cent. Dans les cas de stade 4 (cancer avancé avec métastases) un patient aurait une perspective de vie de quelque 6 à 9 mois – aujourd’hui, ce serait environ 24 mois, » indiquait Dr Moore. Le taux de survie a grandement augmenté grâce, en majeure partie, à l’augmentation du nombre de gens procédant à des tests de dépistage, et à la mise au point de nouveaux médicaments.

Au chapitre du dépistage, la colonoscopie (boyau précédé d’une caméra inséré à l’intérieur des intestins) procure des images nettes permettant de voir si les tissus du côlon sont sains ou endommagés. Le dépistage donne une chance de repérer la maladie à un stade précoce.

Plus vite on procède au traitement thérapeutique, plus grandes sont les chances de guérison. De nos jours, d’autres médicaments que le 5FU sont disponibles. On administre une médication plus efficace, adaptée au type spécifique de cancer du patient, et nous savons mieux quant il faut administrer la médication. Maintenant, « nous procédons à la chimiothérapie après la chirurgie, chez les patients dont les cancers ont été enlevés ou qui sont à risque de récidive. Nous réduisons ainsi les risques de récidive, » explique Dr Moore. Saisir le temps approprié de la chimiothérapie est un facteur important de réussite. En fait, ce petit ajout, après la chirurgie, nous donne un taux de guérison accru de 15 pour cent. De nouveaux types de médication, comme la thérapie biologique et ciblée, sont désormais utilisés. Ils n’ont pas le même fonctionnement que la chimiothérapie – ils freinent, et même stoppent, la croissance de la tumeur. On les utilise souvent en tandem avec la chimiothérapie…

Demain…

La recherche génétique nous éclaire sur le cancer du côlon. Elle révèle que le cancer du côlon est, en fait, plusieurs maladies. Cette information est utilisée pour déterminer quel traitement sera idéal pour contrer une version spécifique de la maladie, mais il reste beaucoup à faire dans ce domaine.