La tuberculose

En 1976…

L’optimisme régnait dans le monde de la science quant à la possibilité d’éradiquer cette maladie fort contagieuse et dévastatrice. Après tout, il existait des tests diagnostiques de même qu’un vaccin et des antibiotiques pour la contrer. De plus, un plan de santé publique était instauré pour assainir l’environnement dans de nombreuses régions et contribuer au déclin de la tuberculose (TB). Mais avec le recul, on se rend compte que trop d’inconnus entourait la Mycobactérie Bovis, la bactérie à la source de cette maladie, et les raisons pour lesquelles elle persiste.
« En 1976, nous possédions des outils, en partie efficaces, et une connaissance restreinte de leur fonctionnement, indique le Dr Michael Behr, professeur agrégé en épidémiologie moléculaire, à l’université McGill. Personne ne savait vraiment, poursuit-il, comment ni pourquoi le vaccin, les tests diagnostiques et les antibiotiques fonctionnaient - quoiqu’ils sont sans effet chez certains individus – ni pourquoi ils sont sécuritaires. » De nombreux tests de dépistage de la TB étaient (et sont toujours) disponibles dont les tests cutanés, par échantillon d'expectoration, les biopsies, les rayons X et autres mais, les résultats positifs étaient parfois en réalité négatifs ou les négatifs pourtant positifs, et des semaines nécessaires pour les confirmer.
Il n’existait (et n’existe toujours) qu’un seul vaccin contre la tuberculose, le bacille Calmette et Guérin (BCG). Utilisé depuis 1921, son taux d’efficacité vacille autour de cinquante pour cent.
Le traitement est souvent un échec. Il existe des antibiotiques spécifiques à cette maladie, qui doivent être pris durant une période de six à neuf mois, même lorsque les symptômes ont disparu. Souvent, les gens stoppent la prise d’antibiotiques trop tôt parce qu’ils se sentent mieux, négligeant le fait que la bactérie peut demeurer dormante et se réanimer des années plus tard.
De plus, l’interruption hâtive des antibiotiques donne à la bactérie la possibilité de résister au traitement, et la résistance bactérienne à la drogue contre la TB est un problème croissant à travers le monde.

Aujourd’hui…

Aussi récemment qu’au début des années 1980, l’on croyait que la TB allait faire partie des maladies éradiquées de la surface de la terre. Mais elle demeure horriblement persistante infectant au-delà de 8 millions d’individus chaque année partout dans le monde, en laissant quelque 3 millions sans vie.
Avec l’avènement de la génétique, les chercheurs scientifiques découvrent les secrets de la Mycobactérie Bovis. Son génome a été décodé en 1988, et l’information fournit d’importantes révélations sur les raisons de la défiance du vaccin et des tests diagnostiques, et sur la façon d’en concevoir de nouveaux.
Ainsi, on procède actuellement au développement de nombreux vaccins et tests diagnostiques. Même, les tests d’efficacité et de sécurité de certains d’entre eux sur des modèles animaux sont amorcés. De nouveaux traitements sont également en cours d’investigation dans la perspective idéale de cibler la bactérie avec précision, et de réduire la durée du traitement.

Demain…

On ne peut dire hors de tout doute si la tuberculose sera éliminée complètement, ni quand. Il faudra attendre au moins dix ans pour que l’avancement scientifique actuel aboutisse à une médication commercialisable, précise le Dr Behr. Et l’on estime que les premiers produits nouveaux ne seront pas efficaces à 100% quoique présumés meilleurs que les précédents.
Avec le temps, les chercheurs vont améliorer ces produits et chaque génération nouvelle de traitements sera plus efficace. Une fois la mise au point des vaccins, traitements et tests accomplie, il restera à les rendre disponibles à tout un et chacun à l’échelle mondiale.