La poliomyélite ou pol

En 1976...

La poliomyélite se transmettant principalement par voie fécale-orale et par contact direct avec la personne infectée se manifeste, en règle générale, comme une maladie virale mineure, mais chez un pour cent des victimes la polio cause une paralysie irréversible.
En 1976, nous disposions de deux vaccins antipoliomyélitiques
: l’un injectable, contenant un virus inactivé, et l’autre oral avec virus vivant atténué. Le vaccin oral est facile à administrer et confère une plus grande immunité au fur et à mesure que les gens non inoculés développent l’immunité lorsqu’ils sont exposés à la forme moins agressive du poliovirus expulsé par les individus vaccinés. Mais ce vaccin cause des cas extrêmement rares (1 sur 2,5 millions) de poliomyélite associée au vaccin antipoliomyélitique. Les programmes intensifs de vaccination ont permis de limiter l’éclosion de polio en Amérique du Nord et l’attention est désormais dirigé vers les problèmes conséquents de la polio. Il arrive que des gens exposés au poliovirus une dizaine d’années auparavant, et ayant ressenti quelques symptômes, aient développé une faiblesse musculaire et autres problèmes nécessitant des traitements.

Aujourd’hui...

Depuis le milieu des années 1990, on utilise, en Amérique du Nord, le vaccin antipoliomyélitique injectable, et le vaccin oral est toujours utilisé dans les pays en voie de développement. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) poursuit ses campagnes lancées en 1988 en vue d’éradiquer la polio à l’échelle internationale. Plus de 600 millions d’enfants ont été vaccinés et les cas de polio ont chuté de plus de 350 000 cas répartis dans plus de 125 pays à quelque 2 000 cas concentrés en Inde, au Nigeria, au Pakistan et en Afghanistan.
Selon le directeur du Programme d’éradication de l’OMS, Bruce Aylward, médecin et épidémiologiste de la province canadienne de Terre-Neuve, l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (Global Polio Eradication Initiative - GPEI) est l’un des programmes de santé publique les plus fructueux.
"L’initiative pour contrer la polio a démontré qu’il est possible d’atteindre toutes les populations de ce monde quelque soit les problèmes de sécurité, de géographie, de religion, de culture et tout autre facteur," a-t-il déclaré.
Le Canada est l’un des plus grands supporteurs de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite avec 165 millions de dollars investis depuis 1988 dont 45 millions de dollars versés en 2006. Ottawa soutient également les regroupements canadiens tel le Comité de développement international du Club Rotary actif dans divers projets de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite.

Demain...

Pour l’OMS, l’éradication représente un défi constant avec, entre autres, un déficit budgétaire de 575 millions $US pour l’année 2007-2008.
Brian Ward, professeur spécialisé dans les maladies infectieuses et la microbiologie, à l’université McGill, affirme que l’éradication souhaitée à l’échelle mondiale est un processus long et complexe parce qu’il faut du temps et des ressources pour que chaque pays se convertisse au vaccin antipoliomyélitique injectable. Pendant ce temps, des pays comme le Canada avec un haut taux d’immigration demeure à risque face aux éclosions pouvant survenir lorsque les résidents ou les visiteurs exposés à l’étranger aux membres de la famille atteints, transportent le virus ici.
"Nous continuons la vaccination pour contrer toute éventualité future," a-t-il ajouté.