La maladie de Parkinson

En 1976…

La communauté scientifique médicale avait compris que la maladie de Parkinson impliquait la dégénérescence d’un groupe de cellules de la partie du cerveau appelé le locus niger. Ces cellules produisent de la dopamine, le neurotransmetteur qui contrôle le mouvement. Quand les cellules productrices de dopamine meurent, les patients sont pris de tremblements, d’un ralentissement des mouvements, d’une rigidité des muscles et autres impairs de la fonction motrice.
Une nouvelle thérapie pharmaceutique allait modifier le traitement de même que les perspectives de la maladie de Parkinson : la lévodopa (L-dopa), une forme synthétique de la dopamine pouvant alléger – pour un temps, du moins – certains symptômes de la maladie de Parkinson. Le nouveau traitement parvenant à rehausser la qualité de vie des patients s’avérait moins effractif que la chirurgie, - un traitement allégeant les symptômes au moyen de petites lésions faites sur le cerveau.

Aujourd’hui…

Les chercheurs comprennent que la L-dopa n’est pas, à long terme, une thérapie efficace, surtout en traitement unique. Elle risque d’enclencher des effets secondaires désagréables comme des mouvements involontaires (la dyskinésie). Les patients misent à nouveau sur la chirurgie. La stimulation profonde du cerveau, par petites électrodes implantées dans le cerveau émettant un courant électrique, réduit les tremblements et améliore la fonction motrice chez certains patients.
La stimulation profonde du cerveau peut améliorer la qualité de vie, mais ne va pas stopper la progression de la maladie, indique le Dr Ivar Mendez, directeur du Laboratoire de transplantation neurale, à l’université de Dalhousie, à Halifax. « Avec le nombre croissant de cellules mourant, la stimulation risque de ne pas suivre le rythme de la dégénérescence continue. »
« Ce qui force l’entrée en jeu de nouvelles thérapies. » Mendez et d’autres chercheurs avant-gardistes souhaitent réparer l’ensemble de la circuiterie cérébrale endommagée. Leurs premières tentatives passent par la transplantation de cellules foetales productrices de dopamine dans le cerveau des patients atteints de la maladie de Parkinson. La recherche a révélé que le processus dégénératif causé par la maladie de Parkinson ne se poursuit pas sur les cellules transplantées.
Mais la question éthique entourant l’utilisation de cellules foetales a dirigé les chercheurs vers le développement de cellules souches provenant d’organismes adultes. En faisant la culture de cellules souches à partir de la peau ou de la moelle osseuse des individus-mêmes qui les recevront, Mendez croit possible d’éviter le rejet des cellules transplantées. Jusqu’à présent, cette recherche se poursuit sur des modèles animaux seulement.

Demain…

Les essais cliniques, qu’on voit poindre à l’horizon, vont tester la performance des cellules souches transplantées dans le cerveau, indiquait Mendez. En attendant, les chercheurs vont continuer d’étudier pourquoi les cellules productrices de dopamine sont détruites dans le cerveau des patients souffrant de la maladie de Parkinson en vue de trouver des traitements alternatifs pouvant améliorer la qualité de la vie de ces patients.
« Un jour, nous en découvrirons l’exacte cause, et donc, serons en mesure de mettre au point des thérapies préventives. » Selon Mendez « nous sommes à l’orée d’une nouvelle ère de chirurgie reconstructive. Si nous réussissons à réparer véritablement ces cellules (endommagées) ou à implanter de nouvelles cellules, l’impact sera énorme. »