La leucémie

En 1976…
Il y a trente ans, le mécanisme de base de la leucémie enfantine était en grande partie compris par les chercheurs médicaux. Diverses formes de la maladie étaient connues et les principaux traitements pour la guérir étaient mis en pratique. Mais, selon le Dr David Mitchell, assistant professeur en pédiatrie à l’université McGill, jusqu’au début des années 1970, le taux de réussite et la survie des enfants atteints de leucémie étaient pitoyables. Durant les années 1970, le taux de survie a augmenté de façon remarquable après que deux grands projets internationaux d’essais cliniques provenant du Groupe en oncologie pédiatrique (POG) et du Groupe contre le cancer juvénile (CCG) ont pu démontrer que la chimiothérapie, (médication contre le cancer), administrée de façon massive donnait de meilleurs résultats. « On a commencé à utiliser la chimiothérapie avec agressivité vers la fin des années 1960 et on a vu les enfants guérir. Le taux de guérison a grimpé de 10 à 20 pour cent fin années 1960, début 1970 », dit-il. Alors qu’un nombre croissant d’enfants guérissait, la plupart rechutaient. Chez ces patients, les cellules cancéreuses ressurgissaient dans la moelle épinière – là où la chimiothérapie ne pouvait agir. L’autre approche thérapeutique qui permet d’atteindre les cellules cancéreuses dans la moelle épinière consiste à utiliser la radiation. Dans ce cas, on procédait à une radiation du cerveau et de la moelle épinière chez tous ces jeunes patients en vue d’irradier le système nerveux central et empêcher les rechutes. Mais ce faisant, de nouveaux problèmes ont surgi, affectant directement l’intelligence et les comportements, et l’on a dû abandonner cette voie. Petit à petit, les chercheurs ont découvert le moyen d’administrer la médication directement dans la moelle épinère, et d’empêcher la rechute au niveau du système nerveux central. La leucémie est une maladie rare mais demeure la plus importante des cancers juvéniles. Elle représente 30 pour cent de tous les cancers diagnostiqués chez les enfants de moins de 15 ans. La leucémie aiguë lymphoblastique (LAL), est la manifestation la plus commune avec 75 pour cent de tous les cas de cancers. Une autre importante manifestation est la leucémie myéloblastique aiguë (LMA), avec 15 pour cent des cas.

Aujourd’hui…
Le taux de guérison des enfants atteints de LAL se situe entre 80 et 85 pour cent, mais demeure seulement de 50 à 55 pour cent pour les cas sévères de LMA. Règle générale, il n’y a pas de grand changement dans la médication donnée aux patients atteints de leucémie, explique le Dr Mitchell. « La réelle avancée repose sur le savoir et la technologie qui ont permis de voir combien la leucémie est tenace, affirme-t-il. « Aujourd’hui, il est possible de stratifier la thérapie. Si quelqu’un est à faible risque vous n’allez pas les assommer avec une dose chimiothérapique comme un boulet à canon. Vous les soignez plutôt avec une dose chimiothérapique minimalement toxique pour donner un taux de guérison maximal, » poursuit-il. Malheureusement, il reste encore un certain nombre d’enfants qui ont une forme complexe de la maladie qui ne répond à aucun traitement.

L’avenir…
Les travaux en cours sur de nouveaux types de drogues pouvant cerner et cibler les cellules cancéreuses sont en cours. De nouvelles drogues sont à l’essai tant pour la LAL que la LMA, mais il est difficile de prédire lesquels s’avéreront véritablement efficaces. La recherche génétique pourrait ouvrir la voie à de nouveaux types de thérapies.