Cancer du poumon

En 1976…

Nous devons remonter à une trentaine d’années pour voir s’établir le lien certain entre cancer du poumon et tabagisme, bien que la biologie de la maladie est toujours tapie dans l’ombre. Déjà à l’époque des discos, deux types de cancer du poumon étaient identifiés : le cancer bronchique à petites cellules et l’épithélioma à grandes cellules. Alors que la radiation était reconnue comme unique traitement contre le cancer bronchique à petites cellules, aucune chimiothérapie n’était applicable à l’épithélioma à grandes cellules. Règle générale, les chances d’en survivre étaient minimes, commente Gwyn Bebb, MD, cancérologue interniste au centre de recherche sur le cancer du Sud de l’Alberta (Southern Alberta Cancer Research Centre). Tout patient diagnostiqué avec un cancer déjà répandu, (avec métastases), avait une durée de vie estimée entre quatre à six mois – comparée aujourd’hui à quelque 12 à 14 mois grâce à la mise au point de traitements plus efficaces. Si les chances de survie des patients atteints d’une maladie avancée demeurent peu prometteuses, « le prolongement de la vie a quand même été doublé », déclare le Dr Bebb.

Aujourd’hui…

Malgré la constante évolution du diagnostic et du traitement, le cancer du poumon continue d’être le plus meurtrier de tous les cancers. En fait, le nombre de femmes mourant du cancer du poumon a augmenté (plus élevé que le cancer du sein), principalement dû au fait que les femmes fument en plus grand nombre. Ces derniers dix ans, le nombre de thérapie viable contre le cancer du poumon a augmenté aussi bien pour les cas de dépistage précoce que de maladies métastatiques. De nouveaux agents thérapeutiques chimiques ont été développés pour lutter contre le cancer du poumon et l’on comprend mieux comment et quand s’en servir. « Par exemple, nous savons maintenant qu’une chimiothérapie administrée à la suite d’une chirurgie améliore les chances de survie », déclare le Dr Bebb. Aussi, pour certains types spécifiquement agressifs de la maladie, la chimiothérapie qui sera jumelée à la radiothérapie augmentera les chances de survie. Ces dernières années, plusieurs patients ont bénéficié du succès d’une chimiothérapie de deuxième et même de troisième ligne, alors qu’ils sont soignés avec une drogue d’abord, et par la suite une deuxième et même troisième thérapie médicamenteuse est administrée. La technique d’imagerie des tumeurs et la capacité d’utiliser les ordinateurs pour imager ont contribué à améliorer le diagnostic et les soins. Grâce au meilleur rendement des ordinateurs, la radiothérapie peut être utilisée en ciblant directement les rayons sur le site de la tumeur et éviter les tissus sains. « Le mouvement des tumeurs durant la respiration a toujours été un facteur en jeu durant le traitement par radiation », indique le Dr Bebb. « Mais maintenant, nous profitons d’une technologie qui nous permet de diriger les rayons avec plus de minutie en tenant même compte de ce mouvement. » De plus, de nouvelles classes de substances médicamenteuses rendent possible des traitements avec une application mieux ciblée, c’est à dire, qu’elles visent des molécules spécifiques sur les tumeurs en vue d’inhiber et stopper la croissance de la tumeur.

Demain…

Les chercheurs multiplient les tentatives de mises au point de drogues ayant pour fonction de cibler la spécificité de certaines tumeurs. « Nous pouvons envisager la possibilité d’utiliser ces agents médicamenteux sur des patients de façon spécifique selon le patron moléculaire de leurs tumeurs, » affirme le Dr Bebb. En d’autres mots, les médicaments seraient conçus individuellement pour le patient. Une autre recherche vise à créer des vaccins qui pourraient être administrés à des patients en rémission d’un cancer comme mode de prévention d’une récidive de la maladie.